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Aliments préparés par un non-juif

Rédigé par Binyamin Gal-Or, avrekh de la yeshivat Merkaz Harav. Remerciements à Jérémy Zerbib

Introduction

Nos sages de mémoire bénite ont interdit la consommation d'aliments cuits par des non-juifs (et ce même si les aliments sont cachers). La principale raison étant d'éviter une assimilation entre juifs et non-juifs, une autre raison étant l'utilisation d'aliments non-cachers par le non-juif.

Le pain non-juif

Le pain a été distingué par nos sages des autres aliments, étant par sa nature un aliment de base. Il existe donc des facilités permises par nos sages qui lui sont propres. Ces facilités seront retrouvées à la fois dans le pain mais aussi dans les pâtisseries. Il existe deux sortes de pain: celui destiné à être vendu (boulangerie, usine…) et celui fait à la maison d'un non-juif à titre privé.

- Le pain fait maison par un non-juif sera dans tous les cas interdit à la consommation (car le rapprochement entre juif et non-juif est alors plus grand).
- Quant au pain destiné à la vente, s'il n'y a pas au même endroit du pain fait par des juifs, il est théoriquement permis d'acheter chez un non-juif. Mais de nos jours, face à l'utilisation de nombreux produits non cachers, il est impératif de suivre les règles du Beth Din local avant de consommer un pain de boulangerie non-juive. Selon les ingrédients utilisés dans le pays, certains Beth Din imposeront des conditions au niveau des ingrédients (pain non-moulé...) tandis que d'autres n'accepteront que des pains fabriqués sous surveillance rabbinique.

Comment faire du pain juif dans une boulangerie non-juive ?

A partir de trois actions, il est possible de faire qu’un pain fait par un non-juif soit considéré comme ayant été fait par un juif:
- soit le juif allume le four
- soit le juif rentre la pâte dans le four
- soit le juif jette un combustible dans le feu ou le rallume.

En conclusion, que ce soit à l'étranger où il n'y a pas de boulangerie juive ou même en Israël, on ne pourra acheter son pain et ses pâtisseries chez un non-juif qu'en suivant les règles de cacherout du Beth Din local.

Les autres aliments préparés par un non-juif

Ne seront interdits que des aliments qui respectent les deux conditions suivantes :
- Ils ne se mangent que cuits (viande, pomme de terre …)
- Ils sont assez respectables pour être servis à un invité important (défini par les usages du lieu). Il est à noter que tout comme le pain, il n'y a aucune conséquence si la cuisson est faite avec des ingrédients cachers ou même chez un juif.

Il existera malgré tout plusieurs actions qui permettent la consommation de l'aliment :
- Pour les ashkenazim (selon le Rama) il s'agit des mêmes actions autorisant le pain, c’est-à-dire l’allumage du feu ou de l’électricité ou sa réactivation
- Pour les sefaradim, l'opinion du Choulhan Harouh est plus stricte. Il faudra que le juif mette lui-même les aliments sur le feu ou dans le four après allumage. En pratique, dans les cuisines publiques où se trouvent un nombre important de non-juifs, l'opinion du Choulhan Harouh est difficilement praticable. Et ce même si sur le certificat de cacherout est mentionné le respect de cette opinion. N’hésitez donc pas à questionner le surveillant de cacherout. Cependant sachez que le rav Ovadia Yossef permet aux sefaradim de suivre l’avis du Rama si aucune autre alternative n'est possible.

Il est à noter qu'un ustensile ayant servi à la cuisson par un non-juif devra être cachérisé (par ébullition) pour être à nouveau utilisé, même si les ingrédients étaient cachers.

A priori, le thé, le café et le sucre ne seront pas interdits à la consommation s'ils ont été préparés par un non-juif. Cependant, il sera interdit de les boire dans un café non-juif (rav Mordehai Eliyahou et rav Ovadia Yossef).



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